Les Fondements de Coach Parangon
Pourquoi Coach Parangon existe
Nous passons une grande partie de notre vie sans penser à notre corps. Nous marchons, nous nous asseyons, nous nous relevons, nous travaillons, nous faisons du sport. Tout cela nous paraît naturel, jusqu'au jour où cela ne l'est plus.
Lorsque le corps perd une partie de sa capacité à fonctionner, on mesure combien les gestes les plus simples sont précieux.
Très jeune, j'ai découvert ce que signifiait perdre une partie de cette liberté de mouvement.
À douze ans, une épiphysiolyse sévère de la hanche a bouleversé ma vie. Une opération. Des mois d'immobilisation. Une longue rééducation. Puis, progressivement, la réappropriation de mon corps et du mouvement.
J'ai recommencé à courir, puis à jouer au tennis jusqu'à pratiquer en compétition et devenir enseignant. J'ai ensuite poursuivi mon parcours sportif, notamment dans les arts martiaux, tout en développant une passion de plus en plus forte pour la préparation physique, la prévention et la compréhension du mouvement.
Cette expérience personnelle a nourri une curiosité qui ne m'a jamais quitté : comprendre comment proposer au corps les sollicitations les plus justes, les plus progressives et les plus respectueuses possibles.
Des décennies plus tard, à cinquante-sept ans, une prothèse totale de hanche m'a rappelé que cette liberté n'est jamais définitivement acquise. Au moment même où ce manifeste a commencé à prendre forme, j'étais moi-même en rééducation.
Cette nouvelle épreuve ne remet pas en cause mes convictions. Elle les renforce.
Elle me rappelle que la capacité à marcher, monter un escalier, courir, jouer, travailler ou simplement se déplacer librement est un bien précieux.
Il n'y a aucune assurance que tout ira bien. Il n'est pas question de promettre un corps sans douleur, sans accident ou sans maladie. En revanche, j'ai la conviction que si les sollicitations neuromusculaires, musculaires et organiques correspondent à ce dont le corps a besoin, l'existence peut être traversée avec le meilleur potentiel possible.
Préserver la capacité de mouvement n'est pas seulement un objectif sportif. C'est un enjeu de vie.
Une doctrine du mouvement
Au fil des années, de l'expérience, des lectures, de la pratique et de l'accompagnement de mes clients, une doctrine du mouvement s'est progressivement imposée. Elle ne repose pas sur la recherche de l'exercice spectaculaire. Elle repose sur quelques principes simples, appliqués avec constance.
1.Respecter l'intelligence adaptative du corps
Le rôle du coach n'est pas de lutter contre le corps. Il est de lui proposer les sollicitations dont il a besoin, au bon moment, avec la bonne progressivité et la bonne régularité.
Le corps possède une remarquable capacité d'adaptation. Mon travail consiste à créer les conditions dans lesquelles cette adaptation peut s'exprimer : observation, progressivité, régularité, qualité du mouvement et respect de l'histoire de chacun.
Faire et répéter le mouvement juste et adapté permet au corps de retrouver progressivement davantage de fonctionnalité.
2.Les principes sont les mêmes pour tous. L'application est différente pour chacun.
Nous sommes tous constitués des mêmes grandes structures : ossature, articulations, tendons, ligaments et muscles. Mais chacun possède son histoire, ses capacités, ses déséquilibres, son âge, son patrimoine sportif, ses raideurs et ses objectifs.
Je travaille donc avec les mêmes principes fondamentaux, mais jamais avec une application mécanique et identique.
3.Rechercher le mouvement juste
Dans la technique sportive, un mouvement juste est un geste qui permet d'exécuter une action avec efficacité, fluidité et au moindre coût énergétique possible. Je transpose ce principe au mouvement humain dans son ensemble.
Le mouvement juste est celui qui permet au corps d'accomplir sa fonction avec efficacité, fluidité et sans dépense énergétique inutile.
Dans l'entraînement, il doit produire la sollicitation recherchée sans imposer inutilement des contraintes ou des compensations. Dans la vie quotidienne, il doit permettre de marcher, se tenir debout, s'asseoir, se relever, porter, courir ou pratiquer son sport avec la meilleure organisation motrice possible.
Je ne recherche pas un mouvement esthétiquement parfait ni un modèle unique imposé à tous. Je recherche un mouvement adapté à la personne et à la fonction.
4.Adapter pour guider le corps vers la fonction
Lorsqu'un client ne parvient pas à réaliser un mouvement sans compensation, mon rôle n'est pas de le contraindre à réussir coûte que coûte. J'adapte les conditions de l'exercice.
Je peux modifier l'amplitude, la charge, la position, utiliser une assistance ou choisir une variante plus accessible. L'objectif n'est jamais de réussir un exercice pour réussir un exercice. L'objectif est de développer une fonction.
L'adaptation n'est pas une manière de contourner la difficulté. Elle est un chemin vers l'autonomie.
5.La maîtrise précède toujours la difficulté
La progression ne dépend pas uniquement du nombre de répétitions, du temps écoulé ou de la volonté d'aller plus loin.
Le corps est prêt à passer à l'étape suivante lorsque le mouvement reste contrôlé, la respiration fluide, la posture suffisamment stable, l'effort adapté et l'exercice non douloureux.
Alors seulement, la difficulté peut augmenter : durée, charge, amplitude, suppression d'un appui, déséquilibre ou coordination plus complexe.
La performance ne doit pas être obtenue au prix de la mécanique humaine. Elle doit se construire à partir d'elle.
6.Apprendre pour ne plus avoir à y penser
Le coaching est un échange à deux.
Je donne au client des informations sur le mouvement, le placement, la respiration, l'étirement, le gainage et la force fonctionnelle. Mais lui aussi me donne des informations par ses sensations, ses difficultés, ses réactions et sa capacité à s'adapter.
Au début, une grande partie de l'apprentissage est consciente. Puis, par la répétition, le mouvement devient progressivement plus naturel. Ce que l'esprit a d'abord dû apprendre consciemment, le corps peut progressivement l'intégrer dans sa manière de bouger.
Je recherche ainsi deux formes d'autonomie : une autonomie consciente, qui permet au client de reproduire correctement ce qu'il a appris lorsqu'il s'entraîne seul, et une autonomie corporelle, lorsque certains repères moteurs sont suffisamment intégrés pour servir spontanément les gestes du quotidien.
7.La douleur est une information : l'écouter pour adapter
Je ne considère pas la douleur comme un ennemi à combattre. Je la considère d'abord comme une information que le corps nous transmet.
Il faut distinguer la sollicitation musculaire liée à l'effort, la sensation d'étirement, la fatigue musculaire ou les courbatures éventuelles d'une douleur mécanique qui nécessite d'être prise en compte.
Une séance réussie ne se mesure pas à la douleur qu'elle provoque.
Le client n'arrive jamais à une séance comme une page blanche. Il peut avoir beaucoup voyagé, mal dormi, accumulé de la fatigue, ressentir une tension ou une gêne. J'adapte donc l'entraînement non seulement à la personne, mais à la personne telle qu'elle se présente ce jour-là.
Écouter les informations faibles permet souvent d'éviter d'attendre les informations fortes.
Full Performance Prevention : trois piliers, une même logique
La doctrine explique pourquoi je travaille ainsi. Full Performance Prevention traduit cette philosophie dans la pratique à travers trois piliers complémentaires.
Le travail des chaînes musculaires auquel je me réfère s'inscrit dans l'héritage de Françoise Mézières, kinésithérapeute qui a développé cette approche. Les quatre chaînes sont la grande chaîne postérieure, la chaîne brachiale, la chaîne antéro-interne et la chaîne antérieure du cou.
Je ne revendique évidemment pas leur découverte. Mon approche consiste à intégrer leur travail de manière fondamentale dans Full Performance Prevention.
Pourquoi ? Parce que plus un corps accumule de raideurs, plus il peut être amené à compenser pour réaliser les mouvements qu'on lui demande. À l'inverse, lorsque les amplitudes nécessaires au mouvement sont disponibles, le corps peut davantage répartir les sollicitations et retrouver de la fluidité.
Je ne recherche pas la souplesse pour la souplesse. Je recherche la mobilité et la souplesse dont le corps a besoin pour accomplir ses fonctions.
Dans le travail de la grande chaîne postérieure, par exemple, je peux privilégier le décubitus dorsal afin de guider l'étirement et de limiter autant que possible les compensations. La personne est installée à plat dos, avec un positionnement confortable de la tête et une attention portée à la respiration.
Si sa mobilité ne lui permet pas de tendre les jambes à la perpendiculaire du sol, les genoux restent fléchis. Je pars de l'amplitude qu'elle possède aujourd'hui. La respiration reste fluide ; l'expiration accompagne progressivement la recherche d'amplitude ; la sensation d'étirement doit rester perceptible mais non douloureuse.
Je guide le mouvement, le client me répond, et nous construisons l'étirement ensemble.
Au fil des séances, l'amplitude peut évoluer sans être arrachée au corps. Je pars de l'amplitude que le corps possède aujourd'hui pour construire celle dont il aura besoin demain.
Le gainage est d'abord, pour moi, un apprentissage postural et respiratoire.
Je ne réduis pas le gainage au fait de tenir une planche le plus longtemps possible. Avant de demander à une personne de maintenir son corps sous contrainte, je cherche à lui apprendre à contrôler sa respiration, sa sangle abdominale et son bassin.
Le premier niveau peut commencer en décubitus dorsal. Le client apprend à inspirer, puis à expirer plus longuement en rentrant progressivement le ventre et en associant cette expiration à un contrôle du bassin. Respiration, engagement abdominal et placement commencent à fonctionner ensemble.
Le second niveau consiste à retrouver cette organisation sous une contrainte supérieure, notamment dans les variantes de gainage sur les avant-bras. La posture, la respiration et le contrôle priment sur le chronomètre.
Lorsque le client maîtrise suffisamment cette organisation, je peux complexifier : augmenter la durée, supprimer un appui, lever une jambe ou un bras, créer un déséquilibre ou introduire une coordination croisée.
Le gainage postural n'est donc pas, dans ma méthode, une performance isolée. Il est un apprentissage du contrôle du tronc destiné à servir ensuite le mouvement.
L'entraînement fonctionnel doit améliorer la réponse motrice du corps.
Je privilégie, lorsque cela est pertinent, des exercices qui sollicitent plusieurs groupes musculaires et plusieurs qualités motrices au cours d'une même action.
Le corps humain ne fonctionne pas, dans la vie quotidienne, comme une succession de muscles isolés. Marcher, courir, se relever, porter, changer de direction ou pratiquer un sport demandent à plusieurs groupes musculaires et articulations de fonctionner ensemble.
Un squat peut être associé à un tirage ou à un travail avec élastique. Une fente arrière peut être combinée à un tirage, un curl, une phase isométrique ou une contrainte de coordination. Le but n'est pas de rendre l'exercice artificiellement complexe, mais de demander au corps une réponse motrice organisée.
Stabilité, équilibre, coordination et capacité à dissocier le haut et le bas du corps font ainsi partie de l'entraînement.
Le travail analytique peut avoir sa place. Mais il n'est pas la base de ce que je propose. Lorsque les capacités de la personne le permettent, je cherche à tendre vers des mouvements plus globaux, polyarticulaires et coordonnés.
Je n'entraîne pas une personne pour qu'elle devienne meilleure dans mes exercices. Je l'entraîne pour que les capacités développées dans mes exercices puissent lui servir en dehors de la séance.
L'objectif final reste toujours le même : permettre au corps d'utiliser ses capacités dans les déplacements, les gestes du quotidien, l'activité physique et, lorsque cela est recherché, la performance sportive.
Le mouvement en vidéo
Une méthode au service d'une finalité
Ces trois piliers ne sont pas trois compartiments indépendants. Ils répondent à une même logique.
Libérer le mouvement par un travail de mobilité adapté.
Stabiliser le corps par un apprentissage postural et respiratoire.
Utiliser ses capacités par un entraînement fonctionnel qui associe force, équilibre, stabilité et coordination.
Full Performance Prevention n'est donc pas une collection figée d'exercices. C'est une manière de construire l'entraînement à partir de la personne, de ses capacités du moment et de la fonction que l'on cherche à développer.
Le mouvement comme liberté
Full Performance Prevention n'est pas née de la recherche d'une méthode spectaculaire.
Elle est le résultat d'une histoire personnelle, de décennies de pratique, d'observation, de lecture, de questionnement et d'accompagnement.
Je sais, par mon propre parcours, ce que signifie perdre une partie de sa capacité à bouger. Je sais également ce que représente le fait de la reconstruire progressivement.
Nous ne pouvons pas tout maîtriser de ce qui arrivera à notre corps au cours d'une vie.
Mais nous pouvons chercher à lui donner les meilleures conditions possibles pour continuer à fonctionner, s'adapter et bouger.